RASHOMON

Rashômon
Akira Kurosawa (Japon, 1950, 1h28)
Avec Toshirô Mifune, Masayuki Mori, Machiko Kyô
Date de sortie 4 septembre 2013 (Copie restaurée)
La mort obscure d’un Samouraï à l’heure où sa femme est violée. Le récit des témoins qui assiste au crime diverge. Construire une narration par un montage qui conjugue autant de points de vue qu’il y a de personnages ne se réduit pas au simple exercice de style, mais correspond sans doute à une nécessité plus impérieuse pour Kurosawa : poser la question de la « vérité » au cinéma, et d’en faire l’expérience. L’exactitude des faits présentés, mise en cause à chaque nouvelle scène, ébranle la croyance du spectateur, l’oblige à réfléchir et à douter de sa propre perception. Il ne s’agit pas d’identifier le coupable mais de déceler en chacun la faculté à prendre conscience de lui-même à travers sa parole et son interprétation de la réalité. Quand le film obtient le Lion d’or au Festival de Venise en 1951, la production cinématographique japonaise est encore soumise au Comité de contrôle des règlements éthiques du cinéma imposé par l’occupant américain (1945/1952). Cette distinction, loin d’être protocolaire, prend alors un caractère subversif et révèle à l’occident la force d’un cinéma profond, innovant, qui conquiert son autonomie en percutant l’histoire du cinéma. Magistral et philosophique, Rashômon est un film éternel.

Deja un comentario

Este sitio usa Akismet para reducir el spam. Aprende cómo se procesan los datos de tus comentarios.